À l'automne 1991, le Bureau du procureur général de l'Ontario a organisé et tenu une réunion avec les étudiants afro-canadiens au sujet des possibilités d'emploi dans les divers services juridiques offerts par le gouvernement du Canada. Lors de cette réunion, les représentants de diverses facultés de droit ont été en mesure d’échanger sur les expériences qu'ils ont endurées en tant qu’étudiants Noirs en droit au Canada. Un peu plus tard la même année, l'Université Queen a organisé une réunion sous la direction d'un groupe d'étudiants Noirs en droit. Lors de cette réunion, il a été convenu qu'une conférence nationale pour les étudiants Noirs en droit serait organisée. La date a été fixée pour février 1992 et Toronto fut l'emplacement choisi. La conférence fut un projet planifié et porté de l’avant grâce à la détermination de personnes telles que :Courtney Kazembee, Jacqueline Laurent, Rodolphe Clarke, et Margaret Parsons. Pour l'obtention du financement et du soutien pour la conférence, les actions concrètes de Joanne St-Lewis, qui était à l'époque le directeur du programme d'équité en éducation à l'Université d'Ottawa, et Davies Bagambiire, à cette époque directeur du programme « Noirs indigènes et Mi’kmaq » à l'Université Dalhousie ont été requises.
La conférence intitulée «Accès à la justice», a rassemblé des délégués de l'Université Dalhousie, de l'Université du Manitoba et des facultés de droit de l'Ontario. Elle s’est accentuée sur l’honneur rendu aux juges noirs. Ce fut la première fois dans l'histoire juridique que tous les juges canadiens Noirs ont été reconnus pour leurs réalisations à un événement pancanadien. L'Association du Barreau canadien, le ministère de la citoyenneté, de l’immigration et des communautés culturelles et les écoles de droit participantes ont soutenu cette première conférence. Afin d'assurer une certaine forme de permanence de l’événement, l’« Association des étudiants Noirs en droit du Canada » (A.E.N.D.) a été développée par les personnes présentes.
Toujours en 1992, tout l'exécutif de BLSAC a pu assister à la conférence américaine de l’Association nationale des étudiants Noirs en droit à New York. Il était espéré que la participation à cette conférence générerait des principes organisationnels et stimulerait l'Association des étudiants Noirs en droit du Canada. Il fut déterminé que l’A.E.N.D. devait avoir une orientation communautaire forte, qui comprendrait des questions de soutien important pour la communauté. Des organisations comme la Société du Barreau du Haut-Canada, les relations interraciales de Toronto, et la Direction des politiques du procureur général de l'Ontario ont aidé dans le financement des actions et études menées par l’A.E.N.D. Les projets de recherche ont été entrepris par Felix Weekes, Sophia Ruddick, et Andrea Timoll pour aborder des thèmes tels que l'examen des politiques canadiennes en matière d'admission dans les facultés de droit, une enquête sur les expériences des étudiants canadiens Noirs en droit, et les questions concernant les femmes et la loi.
La seconde édition de la conférence annuelle BLSAC, intitulée «Accès II - Un appel à l'engagement», a eu lieu en Février 1993 à l'Université Dalhousie, à Halifax. La conférence a offert une représentation nationale plus accrue que l'année précédente. Lors de cette conférence, la structure de BLSAC a été déterminée ainsi que son règlement intérieur. Quant à ses statuts, les discussions pour son élaboration ont été entamées. Un comité de direction a été mis sur pied. Il était composé de Margaret Parsons, Jacqueline Laurent, Rodolphe Clarke, Cheryl Byard, Rose Adams, Tania Brothers, Carlos Charles et Gerry McNeilly en tant que président. La tradition de la Conférence nationale annuelle a continué depuis lors. Même si un léger changement d'orientation et de thème a été constaté, la nature fondamentale est restée la même.
Ci-après le déroulement et les thèmes officiels des différentes conférences qui se sont succédées après la mise sur pied de BLSAC en 1991.